Pierre ASSOULINE : Les invités

lesinvitesLe titre dresse le décor comme on dresse une table : le lecteur va  être le témoin d’un dîner en ville. Ce genre d’exercice a pour ambition de réunir des gens, ou plus exactement différents profils, autour d’un bon repas. Le repas n’étant que le prétexte. Officiellement, les invités sont là pour passer un bon moment de convivialité et de gastronomie, officieusement, ils sont là pour réseauter, créer des alliances, conclure des affaires et discuter du superflu puisque l’essentiel est trop sérieux pour avoir une place. Il faut en être pour exister, il y va de l’égo, de l’honneur.

C’est un exercice bien huilé.  On  est entre soi, les mêmes codes, les mêmes tensions si on décide d’opter pour une certaine provocation admissible, qui permettront aux autres invités de s’offusquer à peu de frais. Dans ce dîner, l’inconnu n’est pas convié. Sauf quand il décide de se passer d’invitation. Là, l’exercice déraille :

On est treize à table ? Catastrophe !

Et une pythie annonce «  le premier qui se lève sera mort dans l’année ». Damnation !

La maîtresse de maison va mettre tout son savoir-faire pour déjouer les tours de ce malicieux « inconnu ». Peu à peu, les masques tombent et c’est savoureux.

Avec ce roman subtil et agréable, le lecteur retrouvera des situations et des personnages connus ou croisés. Le style et les descriptions sont précis et d’une finesse vivifiante.

 

A lire avant le prochain dîner… cela pourra toujours faire l’objet d’une conversation.

ISBN-13: 978-2070420667

Extraits :

P34 « ce n’était pas ne gourde, de celles qui s’imaginent, dans une tragique illusion, qu’elles disent la vérité parce qu’elles disent ce qu’elles pensent ».

P36 «  Leur amitié intriguait, car elle reposait sur cette étrangeté qui, justement, leur échappait : l’ardent désir d’échanger autre chose que du small talk (spécialité anglaise au même titre que la saucisse ou le parapluie, destinée à tuer l’esprit d’analyse et le goût de la réflexion au nom des bonnes manières) ».

P148 « Par contraste, celui qui ne buvait pas, car il y en a toujours un, se désignait du doigt. Que ce fût par goût ou par dégoût, il s’excluait souvent en marge des fous rires, ne comprenait même pas que l’on pût s’esclaffer en chœur à de telles inepties. Trop en phase avec le réel, il s’était lui-même détaché du doux irréel. Il faisait tache et finissait par gêner. »

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