Martin LEPRINCE : Carlton, le dossier X de DSK

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Sous le feu de l’actualité depuis des mois, le dossier et les sous-dossiers de Dominique Strauss-Kahn (DSK), n’en finissent pas de révéler des détails ou témoignages plus sordides les uns que les autres.

Le livre de Martin LEPRINCE   Carlton, le dossier X de DSK, aurait pu vite verser dans un voyeurisme aussi bestial que pervers, mais c’est sans compter sur le talent de ce journaliste qui réussit la performance de révéler une enquête minutieusement sans tomber dans le sordide. Et vu le sujet, l’exercice mérite d’être salué.

Si la plume est tenue par Martin LEPRINCE, le grand témoin de ce livre est René KOJFER. Qui est-il exactement ?

Un homme parti de rien, ou pas grand-chose, qui commence à gagner sa vie en vendant quelques marchandises par du porte à porte. Manifestement, il ne se débrouille pas si mal et devient en quelques années le gérant d’une mutuelle dédiée aux policiers. Puis, il accepte un poste de chargé de relations publiques pour un groupe de trois hôtels lillois. Une belle ascension a priori.

KOJFER fréquente les prostituées. Voilà. Tout le monde le sait, il ne s’en cache pas. Cela permet de faire des blagues entres copains et de se refiler les « bonnes adresses », pour ne pas dire autre-chose. Tel que cela est présenté, la pratique a l’air répandu : des filles avec lesquelles discuter dans un bar, pour avoir des « prestations supplémentaires », pour détendre l’atmosphère dans des « dîners d’affaires », il y en a pour tous les goûts… La proximité avec la Belgique facilite les choses. Bien-sûr, pas question avec ce genre de personnages de parler d’esclavage, de condition féminine, respect des autres. Ils ont de l’argent, un « besoin », ils achètent.

Dans le Nord, des allusions à DSK se font parfois entendre. Cet homme-là aurait des habitudes tumultueuses. KOJFER en entend parler, relaie parfois la rumeur, peut se l’approprier pour rigoler un peu.

Et l’affaire du Sofitel éclate. Une bombe. DSK apparaît menotté, fatigué sur tous les écrans. C’est la stupeur. Cette figure politique française, futur présidentiable, devient l’attraction du moment. Dès que la tension retombe un peu, l’affaire « Tistane Banon » revient sur le devant de la scène. Quand le dossier est classé, c’est au tour des révélations autour du Carlton de Lille d’occuper toute la place. Une histoire sans fin.

Le tempo des révélations semble un peu trop bien orchestré. Martin LEPRINCE décortique des points qui laissent planer un doute (ou plusieurs) sur le surgissement spontané de ces différentes affaires. La police a déployé des moyens considérables pour coincer les différents protagonistes notamment avec des mises sur écoute en série.

La police fait certainement son travail. Sans doute. Mais il n’y a peut-être pas que cela.

KOJFER sera mise en garde à vue, dans une cellule immonde puant l’urine et sera accusé de proxénétisme aggravé. Les médias vont mélanger son nom à celui de DSK pourtant les deux hommes ne se sont jamais croisés. KOJFER fréquentait les prostituées, était en charge des relations publiques du Carlton, mais ne faisait pas partie des proches de DSK.

Concernant les proches de l’ancien ministre, Martin LEPRINCE décrit un monde à son service. Des allers retours Paris/Washington sont faits avec systématiquement des filles, des escorts, terme élégant pour désigner des prostituées. Un directeur général de la sécurité sera même du voyage avant de prendre ses distances quand il s’apercevra de la nature exacte de ces déplacements.

Le chapitre « Une cour au service de DSK » décrit une série de parties fines pour ne pas dire simplement partouzes, qui sans jamais verser dans le graveleux, provoque un certain écœurement vu le peu de considération que tout ce petit monde a pour les femmes, considérées comme des objets sexuels, avec lesquelles ces messieurs peuvent s’amuser à loisir. Mais bien-sûr, elles étaient toujours consentantes « l’ancien ministre avance que les jeunes femmes qui se déplaçaient de Paris jusqu’à Washington pour un séjour très bref dans le but unique d’avoir des relations sexuelles avec lui ne le faisaient pas parce qu’elles étaient payées, mais parce que cette perspectives les séduisaient » (p141). Bien-sûr.

Au final, le livre de Martin LEPRINCE perce à jour un certain usage de la prostitution… apparemment pas si marginal que cela et en aucun cas caché. Il éclaircit avec pertinence les nombreux points d’interrogation que l’enquête du Carlton pose.

Carlton, le dossier X de DSK se lit d’une traite mais laisse quand même le lecteur dubitatif sur les pratiques de quelques « élites » françaises.

Bien évidemment l’avertissement de l’éditeur vaut également pour cet article « Toutes les personnes incriminées dans ce que l’on appelle l’affaire du Carlton bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à leur procès. »

Editeur : JACOB DUVERNET , ISBN-10: 2847244980

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