Laure ADLER : A ce soir

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A ce soir, Laure Adler

 

C’est un livre remarquable que celui de Laure ADLER, mais un livre douloureux. Perdre un enfant, un bébé de neuf mois plein de vie. Comment décrire les sentiments quand ils sont de l’ordre de l’indicible ? Comment faire avec cette situation, les aberrations de certains médecins, de certains hôpitaux ?

A ce soir, est un véritable coup de cœur, un très beau récit, où une mère qui n’a jamais cessé d’être une femme, raconte comment son fils de neuf mois, a été hospitalisé et est parti définitivement vers d’autres cieux.

Neuf mois où un petit être s’est développé et a vécu intensément comme le font les enfants. La maladie, incompréhensible, frappe ce tout petit enfant. Un mal qui ne sera pas compris, par personne. Le personnel médical, qui aussi compétent soit-il, enferme les parents dans une autre douleur par un manque total d’humanité. La gestion administrative, qui ferme un hôpital en été, même les services les plus sensibles même pour les patients les plus fragiles et qui les exposent à des risques supplémentaires insensés.

Tout en nuance et en retenu, Laure ADLER raconte l’indicible : l’espoir toujours proche, les errements compréhensibles pour tenter d’expliquer, de sauver et la fin qui n’est que la brutalité crue de la vie. Une violence incroyable à laquelle sont confrontés certains êtres et la souffrance profonde, immense et continue qui perdure, malgré le temps.

Extraits :

p15. Je cours toujours parce que je suis en retard. Partout, tout le temps.

p47. La douleur est bien quelque chose de vivant, de concret, de palpitant, de turbulent comme un grand chien fou qui, en s’amusant, peut vous enfoncer sans crier gare ses crocs jusqu’au sang.

p48. Vous verrez avec le temps… m’avait dit une vieille dame croisée à l’hôpital après ces formalités. Elle croyait me consoler. Mensonges et infamie. Avec le temps, justement, rien ne s’efface, rien ne s’adoucit. Bien au contraire.

p94. On bascule très vite dans un univers de croyance, de magie, voire de sorcellerie. Ce qui arrive est tellement de l’ordre de l’impensable que désormais, dans l’univers symbolique, l’exceptionnel devient la règle.

p127. Pourquoi écrire aujourd’hui alors que chacun de nous tente d’oublier, de ne pas dire ? Parce que le temps ne fait rien à l’affaire, n’efface aucune blessure. Parce que la souffrance peut aussi devenir morale. Parce que la douleur n’est pas une compagne, mais une ennemie sans fierté qui tente toujours de vous séduire par le bas.

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