DISIZ : René

rene

 

Les « quartiers populaires », mots gentillets pour désigner des banlieues délabrées sont devenues de véritables enclaves où une vie sereine, paisible relève du fantasme le plus absolu. Ces territoires sont au ban de la société, qui elle-même déchaîne sa violence à travers son bras armé : le R.A.T. qui n’est pas le petit frère du RAP. Ici, il n’est pas question de musique, d’expression artistique mais d’une police rebaptisée Répression Armée Territoriale, sorte rassemblement de nouveaux cow-boys, qui intervient exclusivement pour contenir ce qui peut l’être encore.

Le décor peint par DISIZ est sans fard, cru. Les êtres sont désaxés, perdus, se concentrent sur des symboles dénués de sens qui donnent un semblant  de cohérence à leur quotidien. Au milieu de tout cela, il y a René. Jeune homme sans prétention, hyper protégé par sa mère qui n’arrive même pas à se protéger elle-même. Il navigue dans cet univers sans bien comprendre le pourquoi de tout cela mais il essaie de passer entre les gouttes et de ne pas décevoir sa mère si fragile. Et pour lui, il y a l’image du père perdu. Un ancien révolté de ces quartiers, qui lui donne cette image d’un père fort, courageux et intelligent, sachant protéger les siens et ses frères pas de couleurs mais de territoire. Le Che noir, assassiné et qui depuis a laissé la déshérence en héritage.

René, est un livre à vif qui n’épargne pas grand-chose. L’écriture intelligente, le style maîtrisé pose la question de comment peut-on organiser le « vivre-ensemble », avec toutes ses composantes, le mieux possible pour échapper au chaos.

Extraits :

P11 « Abdoulaye, lui, attendait cet événement depuis longtemps. Il s’y préparait depuis qu’il était en âge de comprendre les rouages de cette société pourrie et avait passé son adolescence à lire des essais, des biographies, des ouvrages d »histoire et de sciences politiques. »

P20 « Amoureux des livres, René se méfiait de l’écriture instinctive »

P39 « Ce n’est pas pareil, moi je suis à part, je représente la réalité et le monde tel qu’il est, c’est-à-dire laid. »

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